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Baba, je voudrai que tu fasses quelque chose pour moi, ça ne va pas ta faire plaisir mais j'aimerai que tu me parles d'Auschwitz, il faut que je saches. Elle a parlé des heures et elle n'a presque rien dit. Ou alors il y a trop à dire et pas suffisement de temps. Elle a giflé Simone Veil parce qu'elle lui a volé sa couverture. Elle a apporté un morceau de pain à une femme qui avait faim et cette dernière lui a dit qu'elle avait une maison à Bruxelles alors son misérable petit bout de pain rassi elle pouvait se le garder. Mengele lui a fait des piqûres pour la rendre stérile. Ca devait être un mauvais médecin parce qu'il n'a pas réussi, ma mère est née un an après son retour des camps. Elle n'a pas encore voulu parler des autres expériences. Elle a attendu qu'une femme meure pour lui voler un bout de pain sec qu'elle gardait sous son aisselle. Elle était chargée de garder le bloc propre et en ordre, en fait elle était la femme de ménage. Des mauvaises langues ont dit qu'elle avait été Kapo et lesbienne parce qu'elle s'entendait bien avec la chef de camp mais d'autres femmes ont témoignées que c'était faux. Elle a vu des femmes magnifiques se faire emmener dans des camions vers les "douches". Elle a pris sous son aile une jeune fille de quinze ans, un peu sotte, dont elle devait systématiquement couvrir les bêtises. C'est une des femme qui à témoigné en cinquante-cinq, qu'elle n'avait jamais été une Kapo. Elle a parlé du train qui l'a emmenée à Auschwitz, elle a décrit la chaleur et la puanteur. Elle se souvient des enfants qui mourraient écrasés par leurs ainés dans leur merde et leurs souillures. Elle se souvient d'un homme très grand, tellement maigre qu'on voyait les espaces entre ses côtes mais ça c'était lors de la "Marche de la Mort". Elle allait à chaque arrivée des nouveaux prisonnier par le train vérifier si sa fille Céline ou son mari n'avaient pas été pris. Un jour elle a vu une de ses amies arriver. Elle lui a dit de se proposer comme violoncelliste pour jouer dans l'orchestre parce que c'était mieux que d'être envoyée "au four". Elle a voulu décorer le bloc ou elle était casée avec de la chaux et un S.S. à braqué son canon sur sa poitrine. Elle lui a dit: "vas-y tire". Il n'a pas tiré, il lui a juste éclaté la gueule. Sa propre soeur lui a dit à son retour que son mari avait travaillé pour les Allemands, alors qu'il avait juste travaillé pour un fourreur belge pour les Allemands qui sauvait les Juifs en leur donnant un permis de travail. A la fin de la guerre ce fourreur a été jeté par la fenêtre, parce qu'on avait cru que c'était un collabo. Elle avait tout juste vingt-sept ans et son plus jeune frère, le plus beau des petits garçon a été gazé et elle n'a rien pu faire.
06-03-2006, 16:33:26 Lola
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